Accusé de "négligences", le chirurgien des stars de la téléréalité s'explique – Le HuffPost

Depuis le début du mois de mai, plusieurs femmes dénoncent les opérations du chirurgien esthétique qui s’est défendu dans l’émission « Sept à Huit ».
CHIRURGIE ESTHÉTIQUE – L’affaire avait déjà fait la Une du journal Le Parisien, au début du mois de mai, et le tour des réseaux sociaux. Dimanche 22 mars, elle s’est aussi invitée à la télévision.
L’émission Sept à Huit s’est intéressée au chirurgien esthétique Benjamin Azoulay, dont plusieurs femmes ont récemment dénoncé des opérations ratées, voire périlleuses pour leur santé. L’occasion de faire le point sur la situation, quelques semaines après la parution de l’enquête du Parisien sur le sujet.
Star des réseaux sociaux, #BenjaminAzoulay est aujourd’hui accusé par une dizaine de ses anciennes patientes. Elles… https://t.co/yz4tU9saVe
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Agé de 41 ans, le chirurgien Benjamin Azoulay est suivi par plus de 57000 personnes sur son compte Instagram, où il expose les dernières transformations de ses clients et clientes. Il s’y affiche aussi avec quelques stars de la télé-réalité comme Nabilla et Thomas Vergara. Ce dernier est en effet qualifié comme le “chirurgien des stars de téléréalité” par Le Parisien.
Sur son site Internet, le praticien, qui opère depuis le quartier du 16e arrondissement de Paris, indique avoir reçu une “Médaille d’argent de Thèse” et être “Lauréat de la faculté de médecine de Paris”. “De 2017 à 2018, Benjamin Azoulay déserte les blocs”, relève néanmoins Le Parisien. La cause? Il a interdiction d’exercer pendant deux ans par la chambre disciplinaire nationale de l’Ordre des médecins pour avoir à plusieurs reprises “violé le secret médical et déconsidéré la profession”.
Le quotidien précise qu’il “s’est de nouveau vu infliger une suspension d’un mois avec sursis en février dernier, pour le même motif, par la chambre disciplinaire de première instance d’Île-de-France”. Mais l’ordre des médecins a fait appel, et, en attendant, le chirurgien continue d’opérer.
Début mai, Le Parisien dévoile les témoignages de six femmes qui dénoncent “des interventions ratées” et “un docteur inhumain”, “qui opérerait dans un état second”. Parmi elles: deux candidates de téléréalité: Luna Skye et Emilie Amar. La première avait passé l’été 2021 à l’hôpital, expliquant à ses 435.000 abonnés dans des storys Instagram avoir frôlé la mort suite à des injections de gel d’acide hyaluronique. Celles-ci visaient à augmenter son fessier. “L’IRM a montré que le docteur Azoulay m’avait injecté du produit dans les muscles”, accuse-t-elle.
Quatre autres patientes, anonymes, témoignent également. Cindy dit s’être retrouvée avec la narine droite “de travers”, Magda avec “un sein plus haut que l’autre” et la honte de se déshabiller devant son mari.
Une dizaine de jours plus tard, sept nouvelles femmes dénoncent les pratiques du chirurgien dans le quotidien. L’enquête du Parisien “a déclenché une cascade de témoignages”. Pilar y explique ainsi vivre avec un “nez bouché, presque sans odorat” quant Virginie raconte que “le docteur Azoulay avait oublié les compresses dans [son] nez” depuis cinq mois. “Il l’avait tellement cassé que je respirais et dormais de plus en plus mal”, révèle-t-elle.
Parmi ces nouveaux témoignages, il y a celui de Marie, infirmière, qui a exercé quelques mois aux côtés du chirurgien dans les années 2010. Elle dit au Parisien avoir “le cœur fendu en repensant à ces patientes mutilées”. Elle se rappelle ainsi avoir retrouvé une patiente incapable de se tenir droite après une abdominoplastie [fait de retirer un excédent de tissus graisseux et de peau au niveau du ventre]. “Le matin, il arrivait hyper fatigué, en se vantant d’avoir joué au poker toute la nuit”, souligne-t-elle.
Plusieurs pensent à présent à porter l’affaire en justice. Les deux influenceuses et candidates de télé-réalité indiquent au Parisien s’être rapprochées.
Interviewé par Sept à huit, le chirurgien s’est défendu de toutes ces accusations. Il réfute tout d’abord le fait d’avoir pu commettre des erreurs en injectant l’acide hyaluronique. “Le produit, je sais où je l’ai injecté, entre la peau et le muscle, dans un tissu qu’on appelle le tissu celluleux. Si ça s’enflamme, il y a un magma d’inflammation qui fait que le produit va être diffusé dans la peau puisqu’on voit des rougeurs et puis il va diffuser dans le muscle. Pendant deux ans et demi, je n’ai jamais eu une seule inflammation, puis là, il y en a quelques-unes. Je ne sais pas vraiment quoi penser de tout ça”, explique-t-il. “Je trouve malheureusement que ce n’est pas loyal. Si elles le font, c’est qu’elles ont leur raison et qu’elles doivent vraiment être en colère ou souffrir, et ça me désole parce que je ne fais pas ce métier pour faire souffrir les gens”.
Le chirurgien star se défend par ailleurs des accusations quant à son état lors des opérations, le reportage évoquant une consommation de drogue. “Je sais même pas comment on peut me poser cette question. Est-ce que le matin je peux avoir une tête fatiguée? Oui. Est-ce que mon cerveau est fatigué? Jamais de la vie. Est-ce que mes capacités à opérer sont fatiguées? Jamais de la vie. J’opère dans un état tout à fait normal, je fais ce métier pour mes patientes (…)”, affirme-t-il.
Quelques semaines plus tôt, Benjamin Azoulay avait déjà parlé de “vendetta” contre lui, auprès du Parisien. “Je ne suis pas Dieu. Cela fait partie du métier. Il n’y a pas un chirurgien qui n’a pas connu de complications dans sa carrière”, soulignait-il. Certaines patientes ont pris la défense du chirurgien, qui aime rappeler que sur ses près de 6000 patientes, seules quatre l’ont “assigné”.
Son avocat, Yves Tolédano, indique de son côté que parmi les dernières accusations, aucune n’a fait l’objet d’un dépôt de plainte. “Il y a ce qu’on appelle en droit l’aléa thérapeutique, un médecin peut tout faire bien (…) et malheureusement le corps réagit mal et on a un problème. Complication ne veut pas dire faute du médecin ou du chirurgien. À ce stade ces accusations sont portées mais sans aucun fondement médical, on ne sait pas”, conclut-il dans l’émission de Sept à huit.
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