Covid-19. La demande en chirurgie esthétique explose depuis la crise sanitaire – Le Progrès

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Depuis quelques mois, les soins non-urgents sont déprogrammés dans les hôpitaux pour faire face à l’afflux de patients Covid. Dans le même temps, de nombreuses personnes se pressent dans les cliniques de chirurgie esthétique pour gommer leur défaut physique. Selon le Syndicat national de chirurgie plastique reconstructrice et esthétique (SNCPRE), le nombre d’actes a même augmenté de 20 % l’année dernière. Un phénomène qui s’observe aussi aux Etats-Unis, en Australie ou encore en Belgique. Et la crise sanitaire n’est pas étrangère à cet essor.
Tout d’abord parce que la fermeture des frontières, des restaurants ou encore des lieux culturels a permis aux Français d’économiser un peu. Certains ont donc choisi d’utiliser cet argent pour financer l’opération dont ils rêvaient. Le port du masque et le télétravail facilitent d’ailleurs la convalescence. Dans ce contexte, pas forcément besoin de prendre des congés après l’intervention. Le regard des autres est aussi moins pesant.
Et l’image que l’on a de nous-même depuis la pandémie peut même nous convaincre de franchir le pas. Nous sommes en effet davantage confrontés à notre physique depuis l’apparition du Covid-19. Le virus a engendré un recours généralisé au télétravail et nous a privé de nos proches. Plutôt que de regarder les autres, nous nous scrutons davantage devant notre miroir, en visioconférence, ou sur les réseaux sociaux. Conséquence : « Nos petits défauts prennent d’un coup toute la place », décrypte Christine Grangeard, psychanalyste et autrice d’un blog sur la santé mentale.
Certaines personnes commencent à nourrir des complexes en s’observant sur Zoom. Les auteurs d’une étude parue en novembre dernier dans la revue Facial Plastic Surgery & Aesthetic Medicine (FPSAM) constatent ainsi que de plus en plus de patients souhaitent passer sous le bistouri pour améliorer leur apparence sur le logiciel de visioconférence. D’autres évoquent leur envie d’être plus attirants sur les selfies. Rien d’étonnant quand on sait que l’usage des réseaux sociaux s’est démocratisé depuis la crise sanitaire et qu’une forte exposition à ces plateformes est liée à un intérêt pour la chirurgie esthétique, selon une étude.
Des défauts qui n’en sont pas toujours
Dans autre étude publiée fin 2018 dans la revue médicale américaine JAMA Facial Plastic Surgery, trois médecins s’inquiétaient de l’apparition d’une « dysmorphie Snapchat », autrement dit d’un jugement exagéré sur un défaut physique. Ils constataient que l’utilisation de filtres virtuels pour améliorer son apparence pouvait causer des troubles psychologiques chez certaines personnes, les poussant à faire de la chirurgie esthétique.
Selon l’étude parue dans la revue FPSAM, un comportement similaire est adopté par certains utilisateurs de Zoom. Ces derniers développeraient une vision déformée d’eux-même en se regardant à travers leur webcam. Non seulement car ils n’ont pas l’habitude de se voir en mouvement au quotidien, mais aussi parce que la caméra d’un ordinateur met rarement les gens en valeur et a tendance à grossir les traits du visage.
« Passer trop de temps sur Zoom peut mener certaines personnes à s’autocritiquer et à se précipiter chez leur médecin pour des traitements qu’elles n’auraient peut-être pas envisagées avant d’être confrontées à un écran vidéo », soulignent les auteurs du texte. Pour lutter contre cette « dysmorphie Zoom », ils encouragent les patients à reconnaître la « représentation imparfaite de la réalité » offerte par les webcams.
Christine Grangeard, elle, incite les personnes tentées par la chirurgie esthétique à consulter un psychanalyste avant de se lancer. « Il est illusoire de penser qu’on peut améliorer son rapport à soi et aux autres simplement en arrangeant son physique », estime la professionnelle. Pour éviter la déception ou la surenchère, elle recommande aux personnes concernées de définir précisément ce qu’elles attendent de ce type d’intervention.

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