En Colombie, la chirurgie esthétique en plein boom depuis la fin des confinements – RFI

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Liposuccions, abdominoplasties, implants mammaires ou bichectomies : ces opérations esthétiques ont repris à travers le monde après les confinements. En Colombie, elles connaissent même un attrait nouveau et on vient parfois de très loin pour passer sous le bistouri des professionnels du pays. À Medellin, une des cliniques privées les plus réputées programme ainsi près de 800 interventions par mois.
De notre correspondante à Medellin,
Dans « la ville de l’éternel printemps », l’apparence a toujours été importante. Avant même ce boom de la chirurgie esthétique, les Colombiennes faisaient très attention à leur image. Elles ont la réputation d’être de jolies femmes. Mais les confinements à répétition ont fait réfléchir certaines d’entre elles.
Lina Maria Perez Tobon a décidé de sauter le pas et de faire une abdominoplastie juste après le premier déconfinement. « Je n’ai pas arrêté d’y penser pendant le confinement. J’attendais avec impatience la réouverture des blocs opératoires. Je crois que je faisais partie des premières patientes de la clinique. Je ne prétends pas me balader le ventre à l’air comme une adolescente. Mais après plusieurs accouchements et le confinement, j’avais pris du poids et je me sentais mal dans ma peau. Je voulais seulement me sentir de nouveau bien avec mon corps et je ne le regrette pas. »
Lina Maria a été opérée par le docteur Luis Fernando Botero. Depuis la reprise des activités, ce spécialiste a reçu 30% de patients supplémentaires. Il fait également des consultations virtuelles avec des personnes vivant à l’étranger ou loin de Medellin. Ce chirurgien formé en Belgique et en France exerce depuis près de vingt ans et confirme la croissance du secteur de la chirurgie esthétique en Colombie, en particulier à Medellin : « La majorité de mes patients sont colombiens, mais 20% viennent des États-Unis et d’Europe. La plupart ont décidé d’avoir recours à mes services à force de voir leur image refléter sur leur écran d’ordinateur via les plateformes de visioconférence ou sur les réseaux sociaux. »
On appelle cela, l’effet « Zoom », du nom de la plateforme de visioconférence devenue si célèbre durant les confinements. Aujourd’hui, la clinique privée Quirofanos, où pratique le docteur Luis Fernando Botero, est pleine toute la semaine.
« La clinique dispose de onze blocs opératoires. On pensait que ça suffirait, mais non. Ils sont pleins tous les jours, à raison de trois ou quatre opérations par bloc opératoire. En tout, cette clinique procède à environ 30 interventions par jour, soit près de 800 par mois. C’est bien plus que d’habitude. J’ai des patients qui arrivent de l’étranger et me demandent d’être opérés le lendemain. C’est impossible. Mon agenda est plein jusqu’à mai. »
Un autre facteur entre en jeu : le tarif des interventions. En moyenne, elles peuvent coûter de 30 à 50% moins cher qu’en Amérique du Nord ou en Europe. Avant notre entrevue avec le chirurgien, une patiente de Chicago a ainsi fait une liposuccion des jambes, du dos et du cou, une abdominoplastie et une lipoinjection dans les fesses pour environ 6 000 euros. Le docteur Luis Fernando Botero affirme qu’aux États-Unis, cela coûterait entre 17 000 et 22 000 euros. De même, une chirurgie esthétique mammaire, avec des implants, tournera entre de 2 000 et 3 000 euros.
En 2018, il y a eu 273 316 chirurgies plastiques et 135 473 traitements esthétiques non chirurgicaux en Colombie. Le boom du secteur inquiète tout de même les chirurgiens car plusieurs décès ont été signalés à travers le pays. L’association nationale colombienne de chirurgie esthétique et réparatrice alerte donc sur les risques. Le docteur Juan Hernando Santamaria, son porte-parole, décrit « des personnes qui se disent chirurgiens mais qui mettent la vie de leurs patients en danger. Car ils n’ont pas fait de formation universitaire de cinq ans. Ils ont souvent eu seulement un entraînement accéléré. »
La Colombie est le quatrième pays d’Amérique latine pour le nombre d’opérations esthétiques. En 2020, d’après l’ISAPS, la Société internationale de chirurgie esthétique et plastique, la Colombie a reçu près de 22% de plus d’étrangers. De son côté, la ville de Medellin a généré près de 3 millions d’euros de chiffre d’affaires grâce à ces activités.
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