« La chirurgie esthétique a changé ma vie » : à Clermont-Ferrand, on n'a pas peur du bistouri – La Montagne

Publié le 04/07/2022 à 06h02
Carole Eon
« Certains mettent 7.000 euros dans l’achat d’une voiture, moi, je les ai investis pour changer mon corps abîmé par la grossesse. C’est mon choix et j’en suis ravie. » À 34 ans, Mégane, salariée dans une banque clermontoise, ne s’en cache pas, le bistouri l’a rendue heureuse et surtout, de nouveau bien dans sa peau. Très attachée à son apparence, la trentenaire ne « se supportait plus ».
Allure, silhouette, Mégane avait l’impression de n’être plus que l’ombre d’elle-même. Alors, après la naissance de sa fille, elle a décidé d’économiser pour « réparer ce corps qu’elle n’osait même plus regarder dans une glace. Je n’arrivais même plus à me mettre nue devant mon conjoint… »
Une plastie abdominale et mammaire (correction du volume et de la forme des seins) plus tard, accompagnées d’une liposuccion, la jeune mère a retrouvé le corps qu’elle voulait et le sourire : « Je n’ai pas peur de dire que cela a changé ma vie. J’ai repris confiance en moi, j’ai retrouvé la Mégane d’avant ! »
Un cas de figure que le docteur Frédéric Lambert, chirurgien esthétique au Pôle République, côtoie au quotidien. « Plus de 95 % de nos patients sont des femmes. Un homme qui a des soucis physiques peut régler ses problèmes en arrêtant la bière et en faisant du sport. Une femme a souvent des séquelles physiques liées à la maternité. » S’il a constaté un rebond des consultations après le confinement, le spécialiste reconnaît que le rapport des Auvergnats avec la chirurgie esthétique reste raisonnable.
« Ici, les gens sont normaux. J’ai longtemps travaillé à Paris où les gens vont vers l’extrême. À Clermont, il y a peu de chance de croiser des stars aux visages déformés par des caprices chirurgicaux. »
frédéric lambert (Chirurgien esthétique)
Et puis, le médecin le précise : « Les patients sont très souvent à l’image du patricien. »
Une sagesse provinciale que Cosima Bitonti connaît sur le bout du scalpel. Installée depuis plus de trente ans, la Puydômoise apprécie la mesure de ses patients, à mille lieux des demandes loufoques qu’elle a pu croiser lorsqu’elle était jeune cheffe de clinique à Paris. « J’ai vu des choses un peu folles, c’est vrai, mais en province, les gens sont adorables. Quand je les dissuade, ils m’écoutent. » Pas de frères Bogdanov en terre auvergnate, ni de bouche à la Emmanuelle Béart.
« Il faut savoir que le silicone qui a déformé ses lèvres est interdit. Aujourd’hui, les gens me disent plutôt qu’ils ne veulent surtout pas ressembler à Sheila ! Ils ont bien compris que l’on pouvait faire du naturel, du discret qui ne se voit pas… », plaisante la praticienne, profondément passionnée par son métier.
Photo Richard Brunel
« On fait une médecine joyeuse, on n’annonce pas de maladie. La confiance qui se noue avec les patients nécessite beaucoup d’échanges et de psychologie », détaille la seule femme chirurgien esthétique de la capitale auvergnate. Avant de poursuivre : « Il m’arrive quelquefois d’avoir des demandes qui sont l’expression d’un mal-être qui ne correspond pas à la réalité. J’ai l’image de cette jeune fille magnifique qui est venue me voir car elle se trouvait laide. Mon rôle a été de l’orienter vers un psychologue et de lui faire comprendre qu’aucune opération ne l’aiderait. »
Une situation que le docteur Julien Pujol règle lui aussi assez simplement :
« Dès qu’il y a doute, je ne fais pas. En chirurgie esthétique, on ne peut pas douter. Je refuse que cela devienne un objet de consommation comme l’on peut voir sur NRJ12 ! Il n’existe pas de médecine sans psychologie. »
julien pujol (Chirurgien esthétique)
L’occasion pour le chirurgien de rappeler au passage que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) définit la santé comme un état de plénitude physique et mentale…
Photo Fred Marquet

Mais si la chirurgie demeure bien indispensable dans certains cas, Cosima Bitonti avoue avoir de plus en plus souvent recours à la médecine esthétique. Plus légère mais pas moins anodine. « Les injections d’acide hyaluronique, de botox ou encore le laser ont révolutionné notre métier. Ils peuvent supplanter la chirurgie dans de nombreux cas ».
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Un avis que partage le Beaumontois Marvin, 30 ans, qui, après avoir dépensé la bagatelle de 20.000 euros pour refaire sa bouche, ses dents, ses pommettes, a trouvé dans le sport, mais aussi dans la médecine esthétique, un équilibre plus juste. « Je n’aimais pas mon image ni mon corps et les interventions m’ont aidé à me sentir mieux. Aujourd’hui, je m’entretiens avec des petites injections réalisées à la clinique privée voisine. »
Des résultats que le coiffeur publie sur les réseaux sociaux, fier de partager son presque secret de jouvence. « J’ai des tas de personnes autour de moi qui s’entretiennent. Ce n’est plus tabou. Tout le monde en parle. Cela s’est démocratisé. C’est comme se rendre chez l’esthéticienne une fois par mois ou prendre soin de ses dents. On fait de même avec sa peau. »
Appliquée à contrer les effets du temps et des aléas de l’existence, Cosima Bitondi confesse son meilleur conseil beauté : « De la joie et de la confiance en soi, voilà ce qui fait des miracles ! » 
Carole Eon
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