La chirurgie esthétique de plus en plus prisée chez les jeunes: des praticiens alertent sur les dérives – Nice matin

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Malgré la crise sanitaire, le recours à la chirurgie esthétique est en constante hausse chez les 18-35 ans. Un phénomène dans lequel les réseaux sociaux jouent un rôle non négligeable. Face aux demandes extravagantes, les praticiens varois veillent au grain.
Sous les masques, le sourire est parfait. Le nez rectifié. Le menton aux petits oignons. Depuis quelques années déjà, le recours à la chirurgie esthétique s’est démocratisé. Injection d’acide hyaluronique pour redessiner une bouche, de botox pour effacer une ride, augmentation mammaire, implants pectoraux… Désormais, et bien aidées par des technologies toujours plus au point, ces opérations sont devenues courantes. Sans pour autant être anodines.
Dans cette recherche du mieux-être – et pour certains du corps parfait – les adeptes de la chirurgie esthétique n’ont pas été freinés par la crise sanitaire. Certains indécis ont même fini par sauter le pas. « Entre les confinements, nous avons plus travaillé que d’habitude », avoue sans fard le docteur Pierre Nguyen, exerçant ses talents sur Toulon.
Et si à l’heure actuelle nombre d’opérations sont déprogrammées du fait de la cinquième vague, les carnets de rendez-vous sont pleins jusqu’à l’automne prochain de patients ayant pour la plupart… entre 18 et 35 ans.
Car le mouvement constaté lors du congrès niçois de la Samcep (société avancée de médecine et chirurgie esthétique et plastique) en juin dernier se confirme en ce début d’année: désormais, les 18-35 ans sont plus nombreux à recourir à la chirurgie esthétique que les 50-60 ans.
« Les différents confinements peuvent expliquer cela, observe Pierre Nguyen. Les patients ont dépensé moins d’argent dans les loisirs. Ils ont économisé par la force des choses. Et comme ils ont eu du temps pour se regarder sur les écrans, que ce soit pour le télétravail ou pour discuter avec leurs amis, cela a pu mettre en exergue ce qu’ils considèrent comme des défauts physiques. » Bien (ou mal, c’est selon) aidés en cela par les webcams qui mettent rarement en valeur leurs sujets…
Mais que ce soit pour le praticien toulonnais ou pour le docteur Aurélien Martinage, exerçant entre Fréjus, Nice et Draguignan, les réseaux sociaux ont également un rôle non négligeable. « Ils sont devenus un impératif, aussi bien pour nous que pour le patient, concède ce dernier. Il y a des avantages, mais pas mal d’inconvénients aussi. Il faut faire preuve de vigilance, réussir à reconnaître les photos retouchées, les avis négatifs posés par un concurrent… C’est parfois compliqué à gérer. »
Les deux chirurgiens, qui possèdent une patientèle relativement jeune et très active sur les réseaux, n’hésitent pas à refuser certaines demandes. « Elles restent en majorité naturelles et bien loin des excès que l’on peut voir au Brésil ou aux États-Unis, précise le docteur Martinage. Mais ce n’est jamais neutre. En chirurgie esthétique, on touche à un corps sain, à des gens en parfaite santé. » Le paradoxe est que le patient peut se sentir bien mieux dans sa peau à l’issue de l’opération.
« Je fais attention à ce que le patient garde un œil critique sur ce qu’il veut, embraye Pierre Nguyen. Beaucoup de patientes débarquent avec le téléphone à la main en disant qu’elles veulent ceci ou cela. Comme chez le coiffeur. Mais il faut savoir que bien souvent, sur le Net, les photos ne montrent pas les efforts consentis avant l’opération ou qu’il y a eu plusieurs interventions avant d’arriver à un tel résultat. »
C’est pourquoi le docteur Nguyen comme le docteur Martinage passent un certain temps à écouter les doléances de leurs patients et les raisons qui les ont amenés à pousser la porte de leur cabinet. « Mes premières questions sont toujours de savoir si la personne effectue cette démarche pour elle-même et si cela fait longtemps qu’elle y pense », avertit le chirurgien toulonnais qui essaye de toujours intervenir « avec tact et mesure ». « On touche au corps et à la psychologie, reconnaît Aurélien Martinage. Les défauts sont souvent subjectifs. Comme la beauté. »
Le masque FFP2 ne peut pas tout cacher…
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