Les Vampires de Riccardo Freda – Olivier Père – Arte


Sidonis propose en combo DVD Blu-ray Les Vampires (I vampiri, 1956) dans sa collection Mario Bava, en raison de l’apport majeur du directeur de la photographie, pas encore passé à la mise en scène, qui éclaira le film de Riccardo Freda, en assura les effets spéciaux mais aussi tourna quelques scènes après le départ de Freda, fâché avec ses producteurs. Pourtant, ce film porte avant tout la marque de son auteur
Contemporain du néo-réalisme, Riccardo Freda (1909-1999) ignore ce mouvement esthétique dominant pour illustrer une certaine idée à la fois aristocratique et populaire du cinéma et se réfugier dans les histoires d’aventures historiques ou fantastiques, grand admirateur du cinéma américain et fustigateur d’un cinéma asservi à la réalité. Toute sa vie de cinéaste, Freda privilégiera l’action, le mouvement à la parole et aux acteurs, qu’il utilise avant tout pour leur photogénie ou leur plasticité, à commencer par Gian Maria Canale, actrice à la beauté froide qu’il épousa et dirigea dans une dizaine de films. Les Vampires, qui conclut leur collaboration, lui offre son rôle le plus important, celui d’une femme maudite inspirée par la comtesse Báthory.
Freda fut le premier à ressusciter le cinéma fantastique en Europe avec Les Vampires, splendide film réalisé avant les grands titres de la Hammer ou Les Yeux sans visage. Malheureusement Les Vampires, qui bénéficiait de la superbe photographie noir et blanc et des effets spéciaux ingénieux de Mario Bava, ne rencontra aucun succès au moment de sa sortie.
Il n’empêche que pour tous les amateurs de cinéma fantastique et de science-fiction, Freda restera le cinéaste qui le premier osa concurrencer les anglo-saxon sur le terrain de l’horreur gothique en tournant avec l’intrépidité qui le caractérisait Les Vampires, conte macabre et ténébreux sur le thème de la beauté éternelle qui ouvrira un âge d’or du fantastique italien. En effet, cette brillante entreprise de rénovation des mythes fantastiques va ouvrir la voie en Italie, quelques années plus tard, la production de toute une série de films d’horreur et d’épouvante, à commencer par Le Masque du démon de Mario Bava en 1960.

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Les Vampires de R Freda est le premier film fantastique italien délibérément gothique à vocation terrifiante. Car avant le seul titre qui s’impose est le Malombra de Mario Soldati (1942) traitant d’un cas de réincarnation au sein d’un univers étouffant d’un chateau ancestral.
Le film de Freda à lui trés certainement influencé Les Yeux sans Visages de Georges Franju 1960 ,à commencer par l’enlèvement des jeunes filles le recours à la chirurgie esthétique et le mélange de familiarté et d’étrangeté .Une influence directe aussi sur le Moulin des Supplices de Giorgo Ferroni 1960 et l’Horrible Docteur Orloff 1962 de Jesus Franco.
En plus des effets spéciaux Mario Bava a aussi tourné les derniers plans du film après la démission de Freda. Effectivement le film évoque la Contesse Bathory ( voir sur Arte l’excellent Les Lèvres Rouges de H Kumel )
Trés belle séquences de la transformation du visage de Gianna Maria Canale processus de vieillisement soudain réalisé à l’aide de lumières colorées invisible en noir et blanc et qui mettent peu à peu en évidence les différentes couches de maquillage sur le visage de l’actrice afin d’en révéler les marques du vieillissement.
A noter la musique trés réussi de Roman Vlad qui trouvera son apothéose dans l’Effroyable Secret de Dr Hichcock .
Le film sera un échec en Italie et en France et sortira aux Etats Unis en 1960 sous le titre Devil’s Commandment dans une version fortement modifiée et au Royaume-Uni sous celui de Lust of the Vampire.
Je conseille la lecture du Livre Alberto Pezzotta sur Mario Bava édition La Tour Verte .
Merci pour votre commentaire. Je me demande si Les Vampires ont inspiré Les Yeux sans visage, comme on le dit souvent. Dans un entretien Franju ne cachait pas son indifférence vis-à-vis du cinéma fantastique européen contemporain de son film, en particulier Le Masque du démon. Mais peut-être qu’il jugeait moins sévèrement le film de Freda ?
Quoi qu’il en soit, c’est quand même abusif d’afficher les deux noms Freda-Bava à la mise en scène. Bava n’a pas co-réalisé ce film et les scènes bouche-intrigue qu’il a tournées seul sont gnan-gnan.
Pour son excellent travail sur le vieillissement de Canale, voir Lourcelles: « trucage par filtres (procédé de Mamoulian pour DR JEKYLL) . Ces filtres (…) sont ajoutés ou retirés pendant le plan (…) leur efficacité (est) liée aux différents maquillages (comme dit plus haut) de l’actrice »
Ceci dit ici ou là j’aimerais une explication complète et claire!
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Directeur général d’ARTE France Cinéma et directeur de l’Unité Cinéma d’ARTE France.

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