Société. Chirurgie esthétique, injections… L'impact des réseaux sociaux sur la génération Z – Le Progrès

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Les chirurgiens plastiques voient de plus en plus de jeunes franchir la porte de leur cabinet pour recevoir une injection de botox ou d’acide hyaluronique. Un phénomène qui n’est pas étranger aux réseaux sociaux, où l’apparence est reine.
Il n’y a pas d’âge pour passer sous le billard. Depuis 2019, les 18-34 ans seraient même plus nombreux que les 50-60 ans à faire de la chirurgie esthétique selon l’organisation professionnelle IMCAS. « On a une vraie évolution de la demande », observe le docteur Eric Plot, chirurgien plastique et membre de la Société française des chirurgiens esthétiques plasticiens (SOFCEP). Si les millenials, nés entre le début des années 1980 et la fin des années 1990, sont touchés par ce phénomène, la génération Z (1997-2010) l’est encore plus.
Le Dr Eric Plot voit « de plus en plus de jeunes » franchir les portes de son cabinet. Et pour lui, l’explication n’est pas à chercher bien loin : « la génération Z, c’est la ‘e-génération’. Elle est née avec l’iPhone et se retrouve sous l’emprise des diktats de la beauté stéréotypée véhiculés par les réseaux sociaux ». D’après le spécialiste, cette tranche d’âge qui « vit avec un téléphone au creux de la main » est « soumise à une pression permanente » et nourrit un « désir de mimétisme » vis-à-vis des stars d’Instagram ou de TikTok.
Sauf qu’à force de se comparer à des top-modèles, les adolescents nourrissent une « obsession du corps idéal, mince et athlétique », ce qui « augmente leur détresse psychologique ». La semaine dernière, le Wall Street Journal a révélé des extraits d’une étude interne menée par Facebook sur l’impact d’Instagram auprès des jeunes. Il en ressort que le réseau social aggrave « les problèmes d’image corporelle d’une adolescente sur trois ».
Rien de nouveau sous le soleil. Fin 2018 déjà, trois médecins du département de dermatologie de l’Université de Boston avaient publié une étude dans la revue médicale américaine JAMA Facial Plastic Surgery où ils s’inquiétaient de l’apparition d’une « dysmorphie Snapchat », autrement dit d’un jugement exagéré sur un défaut physique.
Les scientifiques estimaient que les filtres virtuels proposés par le réseau social pour améliorer son apparence étaient susceptibles de causer des troubles psychologiques chez certaines personnes Ces filtres ne sont plus l’apanage de Snapchat depuis longtemps et chaque utilisateur d’Instagram ou de TikTok peut les utiliser pour grossir ses lèvres ou affiner son nez. De quoi alimenter les complexes et l’envie de recourir à la chirurgie esthétique. 
Le confinement a aussi joué
Pour beaucoup d’entre nous, la crise sanitaire a eu un effet révélateur. Chez certains, cela s’est manifesté par l’envie de changer d’apparence et de pousser la porte d’un chirurgien plastique. Rien de très étonnant à cela : pendant les confinements successifs, nous avons été davantage confrontés à notre propre image.
Nous avons aussi passé plus de temps sur les réseaux sociaux. Selon un rapport des sociétés spécialisées We Are Social et Hootsuite, le nombre de nouveaux utilisateurs sur les réseaux sociaux a augmenté de 13% en 2020 par rapport à l’année précédente.
Le télétravail a lui aussi pu être un facteur déclencheur. Qui n’a pas déjà été agacé de l’image qu’il renvoyait pendant les réunions Zoom ? Les auteurs d’une étude parue en novembre dernier dans la revue Facial Plastic Surgery & Aesthetic Medicine (FPSAM) constatent ainsi que de plus en plus de patients souhaitent passer sous le bistouri pour améliorer leur apparence sur le logiciel de visioconférence.
Sur les réseaux sociaux, les jeunes sont aussi influencées par des candidats de la téléréalité, qui cumulent souvent plusieurs millions d’abonnés. Or, nombre d’entre eux sont déjà passés sous le bistouri et en vantent les mérites. A l’image de Maeva Ghennam, la star de l’émission Les Marseillais, qui a récemment fait polémique après avoir subi une opération esthétique pour « rajeunir » son vagin. Elle a été accusée de promouvoir à l’excès la chirurgie esthétique, mais aussi de banaliser la pédophilie.
Certains candidats de la téléréalité sont par ailleurs devenus de « véritables agents commerciaux » selon le Dr Eric Plot. Beaucoup n’hésitent pas à proposer à leurs abonnés des codes promotionnels pour subir une intervention, comme ils le feraient pour un simple blanchiment des dents ou une séance d’épilation.
Plus que la chirurgie esthétique, les jeunes sont surtout attirés par la médecine esthétique, qui est moins invasive car elle n’est pas définitive et ne nécessite pas d’intervention au bloc. Ils ont ainsi tendance à plébisciter les injections de toxine botulique pour atténuer leurs premières rides ou d’acide hyaluronique pour redessiner leurs lèvres ou les contours de leur nez. Autrement dit, ils se rendent davantage chez le chirurgien plastique par effet de mode que pour corriger un défaut physique sévère.
Un phénomène accru par la démocratisation de la médecine esthétique. Il y a encore quelques années, ce type d’intervention était encore coûteuse, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Si une augmentation mammaire coûte plusieurs milliers d’euros, il vous faudra seulement débourser quelques centaines d’euros pour une injection. Le caractère temporaire de la médecine esthétique a aussi un rôle non négligeable. En général, les effets d’une injection ne durent que six à neuf mois, ce qui a un côté rassurant…mais aussi addictif.
Le problème, c’est que « la jeunesse est complètement absorbée et fascinée » par ce type d’interventions et qu’elle « n’a pas le recul suffisant » selon le Dr Eric Plot. Or, le chirurgien plastique appelle à ne pas sous-estimer les risques que comporte la médecine esthétique. Il a lui-même constaté de nombreuses dérives sur les réseaux sociaux, où des actes sont proposés à « des tarifs alléchants pour des moyens limités ».
D’après lui, certaines injections sont « réalisées par des personnes qui ne sont pas médecins » dans des salles éphémères. Et cet exercice illégal de la médecine peut avoir de lourdes conséquences, parfois irréversibles, comme des nécroses par exemple. Tout comme la chirurgie esthétique, la médecine esthétique « nécessite une connaissance de l’anatomie et des dangers des produits », que le grand public ne peut (en théorie) pas se procurer. Faites donc preuve d’une grande vigilance avant d’accepter que quelqu’un ne change votre apparence.

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