Tourisme médical et esthétique: La concurrence est rude ! – La Presse de Tunisie

Aller se faire opérer ou se soigner dans un pays différent est une affaire courante. Le tourisme médical et esthétique est en plein essor, depuis plusieurs années, et la concurrence est loin d’être facile. Soins dentaires en Hongrie, implants capillaires en Turquie, traitement de la myopie en Pologne ou chirurgie cardiaque en Thaïlande… C’est le coût de l’acte et tout ce qui va avec, logement, suivi postopératoire… qui déterminera le choix de la destination.
Sur le continent africain et depuis quelques années déjà, le tourisme médical connaît un essor fulgurant. Ce sont deux pays de l’Afrique du Nord qui détiennent le gros lot. Il s’agit de la Tunisie et du Maroc. Ils sont les pionniers dans ce domaine et ne cessent de se développer.
D’après un rapport de la « North Africa Health », réalisé par l’Oxford Business Group, il y a environ une année, la Tunisie est un pays reconnu dans le domaine notamment grâce à ses soins en thalassothérapie, « chaque année, environ 500.000 patients étrangers recherchent des soins hospitaliers dans les hôpitaux et  la Tunisie a une excellente réputation en chirurgie esthétique », lit-on sur ce rapport.
D’après la même source, l’Egypte détient la troisième position dans le monde arabe en raison de son meilleur rapport qualité-prix par rapport aux autres pays de la région. Le Maroc, quant à lui, attire des patients à la recherche de la chirurgie esthétique, selon le journal Jeune Afrique. Quant à l’Algérie, elle a organisé, en 2019, la première édition du Congrès africain du tourisme médical et a accueilli des représentants du secteur de toute l’Afrique. Le Congrès a été organisé dans le but de développer le tourisme médical en Afrique et de renforcer la coopération entre les pays africains. Et d’après le « North Africa Health », « ces dernières années, un certain nombre d’établissements et de cliniques privés ont ouvert à travers le pays… Les transferts de patients à l’étranger ont diminué de 90% depuis 2000 en Algérie », ce qui atteste d’un effort considérable en termes de développement sanitaire dans le pays.
Une porte d’entrée
sur toute l’Afrique
On apprend également, que d’autres destinations, comme la Turquie, entre dans la course. Le pays rend la concurrence très rude. Lors de la deuxième édition du congrès africain du tourisme médical qui s’est tenue à Tunis du 25 au 27 novembre dernier, et qui a rassemblé des acteurs du secteur médical ainsi que des experts ou des hommes d’affaires, dans le but de créer des liens entre l’Afrique et d’autres partenaires du secteur sanitaire, les intervenants ont bien expliqué le phénomène.
D’après un membre de l’Association tunisienne de la promotion de la santé, « la Turquie ouvre une branche d’hôpitaux dans un pays déjà pionnier dans le domaine ». Il a précisé qu’en Tunisie, plusieurs branches se sont développées par ailleurs, en plus de la chirurgie classique. Il s’agit de tout ce qui rapporte à la convalescence de maladies ou aux cures… notamment les cures thermales. «La Tunisie étant connue pour cela depuis l’époque carthaginoise. Notre pays compte des ressources introuvables ailleurs comme le sable… », a rappelé le membre de l’Association tunisienne de la promotion de la santé en parlant de tourisme médical saharien et du partenariat tuniso-turc dans le domaine du tourisme médical.
Selon un professionnel turc, spécialisé dans le tourisme de santé, « la Turquie est ravie de ce partenariat avec la Tunisie, car c’est une porte d’entrée sur toute l’Afrique. Cela est aussi un moyen de faire venir des patients vers la Turquie ».
Selon les statistiques, la Turquie est devenue, depuis plusieurs années déjà, « la première destination de la région Europe Moyen-Orient Afrique du Nord, dans le secteur du tourisme médical».
En 2020, la Turquie a accueilli près d’un million 200 mille touristes venus pour des raisons médicales. Le professionnel turc a précisé que «les investisseurs turcs ont une certaine expérience notamment dans le monde arabe. Ils connaissent l’Irak, la Libye, l’Egypte, le Qatar ou encore le Koweït. « Et c’est toujours un plus pour la Turquie que d’être en partenariat avec la Tunisie», s’est-il réjoui.
Pourquoi la Turquie ?
Mais pourquoi la Turquie est-elle devenue un haut lieu du tourisme esthétique mondial ? La Turquie est l’une des dix premières destinations mondiales en ce qui concerne le tourisme médical. La ville d’Istanbul compte, à elle seule, 600 cliniques enregistrées.
Des prix abordables, une entrée sans visa et des vols courts depuis une grande partie de l’Asie occidentale, de l’Afrique du Nord et de l’Europe ajoutent à l’attrait de la Turquie en tant que destination de tourisme médical et esthétique. La vue d’hommes au cuir chevelu rougi et enflé et de personnes au nez bandé n’est guère une curiosité dans les rues d’Istanbul. Pour des dizaines de milliers d’hommes à travers le monde, « aller en Turquie » est devenu synonyme de traitement de la calvitie. L’injection d’acide hyaluronique, les traitements au Botox et les rhinoplasties sont également des interventions populaires pour les touristes désireux de changer leur apparence.
Une affaire de coût !
D’après les médecins spécialisés dans la chirurgie esthétique, « les gens peuvent trouver un service de qualité à des prix abordables et être suivis par des chirurgiens et techniciens qui connaissent bien leur travail ». Les prix représentent, certes, un autre atout. Par exemple, facturée entre 4.000 et 6.000 dollars la greffe de cheveux, ce qui est considéré comme bon marché.
En comparaison, en France, les greffes de cheveux, qui ne sont pas remboursées par la sécurité sociale, peuvent coûter dans les 5.000 euros dans le privé. De même, les rhinoplasties esthétiques peuvent coûter jusqu’à 8.000 euros en France, sans compter le coût des consultations et du suivi, alors qu’en Turquie, un tel acte est à moitié prix.
Au Maghreb, la Tunisie se distingue dans le domaine en tant que destination phare. Notre pays est doté d’une excellente réputation en matière de chirurgie esthétique et de cures thermales. Cette activité est un atout majeur pour la Tunisie : elle donne du travail aux médecins, et renfloue les caisses du pays. D’après les chiffres officiels, plus de 40% des recettes du tourisme global émanent du tourisme médical, soit plus de 2.500 millions de dinars tunisiens entre 2016 et 2017.


Equipe de rédaction, La Presse
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